26 février 2011

Vision partagée. Gelsomina on my mind, Episode II

Je suis aujourd'hui d'humeur philosophique, et souhaiterais discuter avec vous d'une question qui me tourmente.

Lorsque je souhaite décrire un lieu, une anecdote, une émotion, je fais des choix. Je discrimine. J'explore tel aspect de la réalité au détriment de tel autre. Ce choix, et les moyens utilisés pour le mettre en oeuvre, font style. Le style est le résultat de la mise à l'écart ou du choix de certains éléments, et s'incarne dans une forme littéraire déterminée, à l'exclusion de toutes les autres formes possibles.

Comment s'opère ce choix ? Qu'est-ce qui le détermine ?

A un moment précis du processus de création, l'idée se précise et se fixe. Le faisceau des possibilités initiales s'est peu à peu resserré, pour finalement s'incarner en une forme.

Mais, lorsque je veux décrire le monde, par quel bout l'attaquer ? Il est là, devant moi, opaque et unitaire. Je ne sais comment discriminer les éléments à choisir ou à rejeter. Je ne sais comment passer du continu au discontinu, de la réalité à sa description.

Vous me direz, quel est le rapport avec la Strada ?
Vous le verrez bientôt, rassurez-vous.
Peut-être pas aujourd'hui, mais bientôt.

Je me pose ces questions aujourd'hui, parce que mon idée fait de la résistance. J'ai une idée, je ressens sa beauté, j'ai envie de la rendre tangible, de la réaliser, mais je ne sais comment faire. Le réel me semble dépasser mes pauvres capacités d'évocation. Je crains la simplification, l'approximation, les infidélités. Et si j'extrapolais, et si je mentais ? Le mensonge a du bon, parce qu'il nous rend libre. Mais moi, une fois n'est pas coutume, j'ai envie de dire vrai. Peut-être que pour dire vrai, il me faudrait mentir un peu. Peut-être. Mais aujourd'hui, je pense que la réalité dépasse le mensonge.

Un instant de grâce s'est offert à moi.

Aujourd'hui, je retourne sur les lieux qui ont vu naître ces sentiments, et le dispositif se répète. Je m'y suis préparée. J'ai décidé de noter mentalement les anecdotes remarquables, les aspérités de ce vécu. Quelques bribes éparses, sujettes à développement. J'ouvre grand les yeux, je note tout ce que je vois. J'enregistre comme une caméra. J'écoute, je vois, je sens, je touche. J'ouvre toutes les vannes... Je dispose désormais du matériau nécessaire.

Mais comment vous rendre sensible ce que j'ai vécu ? Comment vous en faire connaître la beauté ? Le choix reste à faire. Je le ferai demain.

Gelsomina on my mind...

2 rebond(s):

brigetoun a dit…

reprendre les notes, raboter, laisser décanter, revenir, relire, rajouter ce qui manque, enlever.... et please un jour nous donner le résultat

Poivert a dit…

Oki, Brigtoun, promis, je vais arrêter de promettre sans tenir ! Mais il est des fois où le rêve, l'évocation, le "tourner autour" valent mieux que la réalisation... Tiens, j'ai une autre idée. Qui se passe de mensonges, encore une fois. Pourquoi pas. Peut-être après-demain, alors ?